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Retranscription de l'interview de Hubert sur RCF

Retranscription de l'interview de Hubert sur RCF

Notre volonté : « donner un réseau à ceux qui n’en ont pas ». Voici les mots d’Hubert De Boisse, fondateur d’entraides.org, au micro de RCF Lyon.

Un grand merci à RCF Lyon pour nous avoir permis de présenter entraides.org, la plateforme gratuite et universelle.

Pour l'écouter sur le site de RCF -> c'est ici ! <-


N’hésitez à commenter 💬 et à partager ↪️ ce post. L’entraide passe aussi par ces petits gestes.



Jean-Baptiste Cocagne : Vous avez lancé à l’été 2019, entraides.org, une plateforme où vous mettez en relation des personnes qui ont des besoins d’aide, et puis de l’autre côté des personnes qui sont prêtes à donner du temps, de l’argent, des compétences, pour répondre à ces besoins.
Tout d’abord comment vous est venue cette idée d’entraides.org ?

Hubert de Boisse: En 2014, je regarde un reportage d’« Envoyé spécial », sur une femme au Cambodge, qui élève toute seule ses enfants. Elle est dans une grande misère, son mari est mort lors d’une grève matée par l’armée, et elle travaille dans une usine textile. Le reportage décrit sa situation misérable pendant une quinzaine de minutes, puis s’arrête brutalement, on envoie la pub et aucune solution n’est proposée pour venir en aide à cette femme. Une idée germe alors à ce moment-là, celle de passer moins de temps à décrire les situations difficiles dont on est témoin et d’agir davantage pour aider les personnes dans le besoin. Voilà comment est née la plateforme entraides.org.


Quand on se rend sur entraides.org, on a une carte de France avec tous les besoins et les services géolocalisés. On est donc dans l’échange et dans le don. Mais qu’est-ce qu’entraides exactement ?

Notre idée est de créer une plateforme pour les individus, pour les personnes. On ne défend pas les causes collectives, il y a beaucoup d’associations qui font ça très bien. On s’occupe de Gérard, de Clémentine, de Monique. On permet aux personnes de venir en aide à leurs proches qui traversent une situation difficile en leur apportant une solution.


Bien souvent le besoin va au-delà de l’argent. Nous avons donc créé plusieurs modules comme le don d’objet, de temps, d’argent, de compétences. En effet il y a des personnes dont la maison a brulé, ils ont donc besoin de différents objets comme un frigo, quatre chaises, deux armoires, trois lits etc. Il ne s’agirait pas qu’ils se retrouvent avec 16 frigos ou 12 lits car leur compte d’entraide connait un fort engouement. C’est pourquoi nous avons imaginé des outils qui calibrent l’aide en fonction du besoin. Nous avons également un module de compétences qui permet de trouver un savoir-faire, une capacité, une aptitude... Par exemple, une personne âgée a besoin de quelqu’un pour lui faire de la lecture dans son EPAD. Cette entraide est également calibrée en fonction des besoins de la personne, il ne faudrait pas qu’il y ait 13 bénévoles qui s’inscrivent.


Il existe également des collectes de dons d’argent.

Tout à fait, on vient notamment de lancer un compte pour un garçon, Gurvan, qui vient de subir sa deuxième opération de greffe des poumons. Il est dans une famille de quatre enfants et sa mère a lancé une cagnotte afin de lui offrir son permis de conduire pour lui apporter une certaine autonomie. Donc, oui, on peut collecter de l’argent sur un projet crée autour d’un individu.


Nous sommes partis du constat que beaucoup de personnes n’ont pas les réseaux nécessaires, les amis, l’entourage pour leur venir en aide. Notre idée est de donner un réseau à ce qui en n’ont pas. Un veut simplifier le don et faciliter l’organisation des solutions afin de venir en aide aux personnes qui traversent des situations difficiles. Je pense notamment à une famille dont la tante ne pouvait pas payer son loyer. Les membres de cette famille s’étaient alors mobilisés et une personne ramassait les chèques. Notre idée est de simplifier ce processus.


Quand on est dans ces situations difficiles, demander de l’aide n’est pas forcément facile. Parfois des personnes qui sont dans le besoin ou en précarité ne sont pas forcément à l’aise avec l’outil informatique. Toutes ces personnes n’iront pas s’inscrire d’elles-mêmes, comment les rejoignez-vous ?

La première chose, c’est que notre plateforme ne permet pas de créer un compte d’entraide pour soi-même. C’est obligatoirement quelqu’un qui ouvre un compte d’entraides pour quelqu’un d’autre. Par la suite l’équipe d’entraides vérifie la vérité de la situation difficile qui est alléguée. On demande des documents, ce qu’on appelle aujourd’hui le KYC (Know Your Customer) pour éviter des formes d’escroquerie. À partir de là, un comte d’entraide et crée et va être diffusé grâce à une campagne de communication, bien sûr avec l’accord de la personne à aider. Laurence, notre déléguée générale, William notre chargé de projet digital, et une trentaine de bénévoles autour de la plateforme vérifient et valide en fonction de notre charte éthique


Aujourd’hui combien de demande recevez-vous par jour ?

On reçoit des demandes à peu près tous les jours. Ce n’est pas forcément pour des comptes d’entraide. Cela peut être des associations qui nous contactent. En effet nous avons la possibilité de mettre à disposition notre plateforme à des associations afin qu’elles puissent utiliser la plateforme « entraides.org » en marque blanche et ainsi créer des comptes d’entraide pour leur propre activité.


Avec le confinement, avez-vous constaté une sorte d’envol, en termes de besoins et de services proposés ?

Oui clairement, « entraide » a été un des mots les plus prononcés pendant cette période, notamment dans les discours de nos pouvoirs publics. On l’a remarqué car la consultation de la plateforme a connu un énorme « boom ». Il y a eu beaucoup de créations de comptes liés au Covid. Cela nous a donné l’idée de mettre la plateforme à disposition des mairies, comme avec celle de Marcq-en-Barœul par exemple. Les mairies peuvent utiliser la plateforme en marque blanche en mettant leur logo, leur numéro, leurs informations afin de créer de l’entraide sur leur territoire.


Votre job est la mise en relation, mais quid du suivi derrière de cette adéquation entre besoins et services proposés ?

C’est toute une équipe, nous avons une déléguée générale, un responsable technique, marketing, un responsable communication. Ils s’assurent que les comptes d’entraides soient bien animés par leur créateur pour ensuite leur donner une caisse de résonance au compte grâce à nos réseaux sociaux, nos médias etc. Pour que chaque situation différente, on trouve un résultat d’entraides. On ne laisse pas une situation d’entraide sans réponse.

Entraides c’est une très belle initiative, mais elle ne marche que si vous êtes connues. Comment faites-vous pour vous faire connaitre et démultiplier le champ des possibles ?

Nous avons trois actions principales. La première est de faire ce que je fais en ce moment, C’est-à-dire des relations presses et de la communication. C’est ce qui m’a fait le plus plaisir dans cette idée, outre le fait qu’elle trouve une concrétisation, c’est de mobiliser énormément de bénévoles, d’amis, d’écoles et d’associations qui se sont appliqués pour la réussite de ce projet.,


Deuxième point, nous bénéficions en tant qu’association caritative, d’un crédit de la part de Google pour faire en sorte d’avoir un meilleur référencent.


La troisième action, sur laquelle j’aimerais m’étendre, c’est que nous sommes des facilitateurs pour des entités, comme les communes, les associations, les entre, les EPAD. On leur propose notre plateforme comme outil clef en main pour organiser de l’entraide sur leur territoire. Je vous donne quelques exemples, nous avons mis entraide.org à la disposition d’un EPAD pour qu’il puisse organiser des tours de lecture pour une personne âgée, faire les courses pour une autre, l’aider à aller acheter ses lunettes etc. L’EPAD n’a pas grand-chose à faire si ce n’est d’entrer en relation avec nous pour avoir un outil d’entraides et ainsi améliorer la vie des habitants. Deuxième exemple, c’est celui des entreprises qui utilisent entraides.org pour créer de la RSE, la responsabilité solidaire des entreprises. Ils peuvent notamment mettre place des solutions d’arrondie des salaires, des solutions de dons de congés payés, de don de RTT afin d’aider Clémentine de la comptabilité parce qui n’a plus de vacances, mais dit aller voir son fils qui est à l’hôpital sans perdre en salaire.


Quel est votre modèle éco ?

C’est un projet caritatif, avec un budget annuel qui représente à peu plus de 100 000 €. Ce budget repose sur de l’apport d’argent, sur du mécénat de compétences. On a eu la chance que des bonnes fées se soient penchées sur ce projet. On a eu ainsi le soutien de la fondation de la caisse d’épargne par exemple. On vit grâce aux dons mais on a trouvé notre modèle économique en mettant à disposition la plateforme en marque blanche, ce qui nous permet d’avoir un défraiement de nos frais et d’assurer notre fonctionnement.


Quels sont vos besoins aujourd’hui ?

Je lance un appel à toutes les communes qui veulent faciliter de l’entraide sur leur territoire. Il y a beaucoup de plateforme commerciale qui existe sur internet, la force d’entraides.org, c’est que l’on vient avec une charte éthique, avec un but non lucratif, un souci de validation des comptes. On a réfléchi à cela grâce à la fondation émergence, qui nous permet un changement d’échelle, afin d’utiliser toutes les vertus de notre plateforme dans un territoire communal pour faire travailler ensemble tous les acteurs municipaux et faciliter la vie des personnes qui sont isolées ou autre.


Ensuite, je lance aussi un appel aux associations, elles savent qu’elles peuvent trouver avec entraides un outil clefs en mains, pour faciliter la recherche de bénévoles et la création de compte d’entraides.


Et enfin les entreprises, pour avoir une solution pour faciliter leur rôle sociétal et avoir une action concrète avec leurs salariés.


Pour finir, avez-vous une belle histoire d’entraides à nous raconter ?

Je peux vous raconter notre partenariat avec « entrepreneurs du monde » qui vient en aide aux personnes démunies. Nous avons mis en place un compte d’entraide pour aider Milad à avoir un ordinateur et ainsi lancer son activité graphique. Puis je vais vous donner l’exemple de Jean-Michel. Cette personne était atteinte de la maladie de Charcot, et grâce à entraides.org, sa femme avait pu ouvrir deux campagnes d’entraide. L’une pour lui trouver un logiciel pour qu’il puisse taper sur l’ordinateur et l’autre pour l’aider à trouver un moyen d’enfiler sa veste car la mobilité de son bras gauche était extrêmement réduite. Nous avons été incubés par Ronalpia et HUB 612, notre incubateur nous a permis de trouver quelqu’un qui a noué une vraie relation avec Jean-Michel. Une belle amitié est née grâce à la force de notre plateforme.